Ostéopathie fondamentale

Bonjour et bienvenue! Si vous êtes là, j’imagine que vous portez un intérêt particulier à l'ostéopathie fondamentale. Ce site est dédié à  l'étude de l'ostéopathie à travers le mécanisme involontaire et pour faire simple, cela consiste à entrer en contact et à interagir avec le mécanisme de guérison le plus profond auquel nous puissions accéder par nos compétences palpatoires, afin d'obtenir des résultats profonds et stables pour le patient le plus rapidement possible. Cette méthode est particulièrement agréable et relaxante pour le patient.

VuE D'ENSEMBLE

Pratique et formation

Je m’appelle Mark BAKER, je suis ostéopathe et formateur en ostéopathie fondamentale, basé en France, à Fontenay sous Bois (Ile de France).

Je suis diplômé de l’École Européenne d’Ostéopathie depuis 1992 (Maidstone, Royaume-Uni) et, en 1993, j’ai rencontré Jacques DUVAL, qui pratiquait l’ostéopathie fondamentale et avait été formé par le célèbre ostéopathe Rollin BECKER.

Je me suis formé auprès de Jacques jusqu’en 2005 au cours de 15 cycles, ayant la chance d’être traité par lui et d’échanger des traitements avec lui.

Aujourd’hui, je forme des ostéopathes à la pratique de l’ostéopathie fondamentale souhaitant de transmettre l’enseignement de Jacques et de voir des praticiens engagés s’approprier cette approche et obtenir des résultats probants.

EN PERSPECTIVE

Un nouveau début

Après avoir été diplômé de l'École Européenne d’Ostéopathie, j'étais très satisfait et reconnaissant de l'enseignement que nous avions reçu à l'ESO. Nous avions découvert un large éventail d'ostéopathes et d'approches. J'obtenais déjà d'assez bons résultats, mais ils restaient plutôt irréguliers. Souvent, je ne comprenais pas tout à fait pourquoi les choses fonctionnaient dans certains cas et pas dans d'autres.

Puis, alors que je débutais encore dans ma pratique, j’ai eu la chance d’être présenté à Jacques DUVAL, qui avait étudié auprès d’un célèbre ostéopathe, Rollin BECKER. Je suis allé voir Jacques pour un traitement; nous nous sommes salués, puis il m’a demandé ce qui m'amenait. J’ai répondu que j’avais entendu dire qu’il avait étudié avec Rollin Becker. Jacques a soudain pris un air très sérieux et m’a demandé: «Tu as des nouvelles de Rollin? Comment va-t-il?» J’ai dû lui répondre: «Non, malheureusement, je ne l'ai jamais rencontré.» Il a ensuite fait mon anamnèse et m’a traité. Le soin a été très agréable, mais je n’avais absolument aucune idée de ce qu’il faisait. Son contact était différent de tout ce que j’avais pu expérimenter jusqu’alors. C’était extrêmement doux, mais c’était comme s'il était partout à la fois. Finalement, j’ai arrêté d’essayer de comprendre, car il était plus plaisant de simplement profiter de l'expérience. Quand le traitement s’est terminé, j’ai demandé à Jacques: «C’était encore ma quatrième dorsale ?» Jacques a gloussé et m’a dit: «Mark, il y a bien des années que j’ai arrêté de compter.»

Ce que j’avais oublié de préciser à Jacques lors de l’anamnèse, c’est que ma troisième vertèbre cervicale (C3) avait été diagnostiquée depuis longtemps en rotation droite; la bosse de l’apophyse transverse de C3 ressortait constamment et la zone était toujours un peu tendue. Si j’ai oublié de le mentionner, c’est probablement parce qu'elle m'avait été traitée littéralement des centaines de fois à l'école par à peu près tout le monde, sans aucun résultat durable. En quittant son cabinet, Jacques m'avait prévenu: «Tout est possible dans les prochaines 48 heures, alors ne t'inquiète pas.» Le lendemain, je me suis réveillé, j'ai pris un café, et j'ai soudain eu l'impression que quelqu'un m'avait assommé l'arrière du crâne avec une barre de fer. Mon mal de tête a empiré et j'ai dû passer la journée et la nuit au lit. Le jour d'après, en me réveillant, j'ai senti que quelque chose en moi avait changé. Je me suis regardé dans le miroir et, honnêtement, ma tête avait l'air différente. J'ai palpé mon cou, et la fameuse bosse sur C3 avait disparu. J'ai touché à nouveau, juste pour être sûr elle était partie, et elle n'est jamais revenue.

J’ai repensé au traitement de Jacques: il ne s’était même pas approché de mes cervicales supérieures. Comment quelqu'un avec un contact aussi doux pouvait-il avoir un effet si puissant? J’ai compris que peu importe ce qu’il faisait, je voulais l'apprendre. J’ai passé les 12 années suivantes à étudier à ses côtés.

CONTEXTE

L'arc de l'ostéopathie fondamentale

L'évolution des concepts clés de l'ostéopathie fondamentale dans le contexte général de l'ostéopathie.

De Dr. Andrew Taylor STILL à William Garner SUTHERLAND, Dr. Rollin BECKER et Jacques DUVAL.

Dr. Andrew Taylor Still

Il est difficile de parler d'ostéopathie sans évoquer son fondateur, le Dr Andrew Taylor Still (1828-1917). A.T. Still nous a apporté le concept d'ostéopathie. L'ostéopathie enseigne que le corps possède ses propres mécanismes innés pour s'auto-guérir, à condition que l'être tout entier maintienne ses relations anatomiques et physiologiques normales. Né en Virginie, aux États-Unis, il était le fils d'un pasteur méthodiste.

La vie de Still se lit comme un roman, et je n'en ai ici que quelques lignes. Mais pour faire court, la médecine conventionnelle de l'époque était très rudimentaire. Les antibiotiques et les traitements médicaux modernes n'existaient pas encore. Après plusieurs tragédies familiales personnelles, il s'est demandé s'il n'existait pas d'autres méthodes de soin. C’est ainsi qu'il a fini par concevoir les principes de l'ostéopathie. Il disposait de plusieurs modalités de traitement, mais l'une d'elles consistait en un traitement doux de la tête, du sacrum et de l'axe vertébral.

Voici ses mots: "Le liquide céphalo-rachidien est l’un des éléments les plus nobles que contienne le corps, et à moins que le cerveau ne fournisse ce fluide en abondance, l'état d’infirmité du corps persistera. Quiconque est capable de raisonner verra que ce grand fleuve de vie doit être capté et le champ flétri irrigué sans tarder, sous peine de voir la récolte de la santé à jamais perdue." (Philosophie et Principes Mécaniques de l'Ostéopathie.)

William Garner Sutherland (1873–1954)

L'un des étudiants du Dr Still, le Dr Sutherland, a passé sa vie professionnelle à appliquer les travaux du Dr Still à la tête. Il est souvent cité comme étant le fondateur de "l'ostéopathie crânienne", mais il nous a surtout apporté le concept de "Mécanisme Respiratoire Primaire". La manifestation profonde du mécanisme de santé inhérent au corps.

Il n'a pas créé une autre forme d'ostéopathie, mais a approfondi le travail du Dr Still. William Sutherland a été diplômé en 1900 de l'American School of Osteopathy sous la direction du Dr Still. Alors qu'il y étudiait, en observant un crâne désarticulé, il eut l'idée que la surface articulaire de l'écaille du temporal semblait conçue pour le mouvement.

Après de nombreuses recherches, menées y compris sur lui-même, il réalisa qu'il existait bel et bien un mouvement. Cependant, il ne parvenait pas à expliquer d'où il provenait, car il n'existe aucun muscle volontaire capable de produire un tel mouvement. Il passa le reste de sa carrière à étudier et à enseigner ce phénomène, ainsi qu'à explorer comment l'utiliser efficacement dans le traitement. Ce mouvement involontaire, il le nomma le Mécanisme Involontaire.

Dr. Rollin E. Becker (1910–1996)

Le Dr Becker était l'ami et l'élève du Dr Sutherland. Après le décès du Dr Sutherland, le Dr Becker a présidé la Sutherland Cranial Teaching Foundation (États-Unis) pendant 17 ans. Tout l'axe de l'approche thérapeutique que Rollin Becker a transmise à Jacques Duval gravitait autour de l'obtention d'un changement clinique profond et stable chez le patient. Comme le disait Rollin Becker : "Rendez cela clinique". Quoi que vous fassiez et quelle que soit la façon dont vous décrivez votre pratique, vous devez être capable de transposer cela en traitement, et cela doit vous aider à obtenir des résultats stables en consultation.

Rollin Becker avait l’ostéopathie dans le sang. Son père, Arthur Becker, avait été l'élève d'Andrew Taylor Still, et son frère, Alan Becker, était également ostéopathe. Lorsque Rollin est sorti de l'école d'ostéopathie, il obtenait déjà des résultats avec ses patients. Mais il sentait qu'il ne pouvait pas être certain de la manière dont il parvenait à ces résultats, ni même du moment où ils se manifesteraient. Il voulait une méthode de diagnostic et de traitement où il pourrait être absolument sûr d'obtenir un changement profond et stable. Il est donc reparti de zéro, en se replongeant notamment dans les écrits du Dr Still. Il a imaginé que si l'expression première de la santé — issue de l'interaction entre l'anatomie et la physiologie dans le corps humain — forme bel et bien une unité à un niveau profond, alors à quoi ressemblerait la méthode palpatoire pour diagnostiquer et traiter ? Rollin avait déjà sa propre méthode de traitement avant de rencontrer le Dr Sutherland. Mais lors de leur rencontre, Rollin a réalisé que le Dr Sutherland traitait déjà de cette manière depuis plusieurs décennies. Le Dr Sutherland est devenu l'ami de toujours et le mentor de Rollin.

L'essence de l'approche thérapeutique de Rollin Becker réside dans le fait que nous appliquons notre traitement au mécanisme involontaire, qui est la force motrice derrière le mécanisme volontaire. À mesure que le mécanisme involontaire s'harmonise, le mécanisme volontaire suit. Cela ne signifie pas pour autant que nous n'utilisons pas l'anatomie ou que nous n'avons pas de technique. Cette approche exige une connaissance anatomique approfondie ainsi que de nombreuses techniques spécifiques qui en découlent. Après avoir rencontré Rollin Becker et passé quelque temps avec lui à Dallas, Jacques a demandé à Rollin comment il devait nommer sa nouvelle méthode. Rollin lui a répondu qu'il devait l'appeler "l'ostéopathie fondamentale". Ce n'est en aucun cas une forme d'ostéopathie différente. C'est purement de l'ostéopathie.

Mais l’idée de l’ostéopathie fondamentale, pour aller droit au but — jusqu'au moment réel du changement thérapeutique chez un patient —, exige une méthode de palpation très profonde et soutenue. Elle nécessite également une méthode de traitement très profonde et soutenue. Elle réclame des qualités d'écoute qui prennent en compte les principes fondamentaux de l'ostéopathie, à savoir la relation entre l'anatomie et la physiologie dans sa globalité. La méthode palpatoire de l'ostéopathie fondamentale demande une palpation totale du patient à un niveau très profond. De cette façon, nous sommes sûrs à 100 % que le patient a opéré un changement thérapeutique. Vous êtes présent au moment même de ce changement thérapeutique. Ainsi, entre le moment où le patient entre et celui où il sort du cabinet, vous savez à 100 % qu'il a effectué un changement thérapeutique. Cela ne veut pas dire que vous avez réglé tous ses problèmes ou qu'il repartira sans le moindre symptôme, mais vous savez qu'il a franchi un cap sur le chemin d'une meilleure santé.

Jacques Andréva Duval (1921–2005)

Jacques était un ostéopathe français renommé pour ses contributions à l'ostéopathie. Profondément influencé par les enseignements de son enseignant et ami, le Dr Rollin Becker, il a consacré une grande partie de sa carrière à perfectionner et à diffuser l'approche de ce dernier, en particulier dans le traitement des nouveau-nés et des enfants, ainsi qu'à travers ses travaux sur l'approche embryologique de Rollin. Jacques a été diplômé de la BSO (British School of Osteopathy) à Londres en 1962, où il a remporté la médaille d'or de technique. Après avoir pratiqué son approche d'origine et enseigné au sein de la faculté de la BSO, il s'est montré insatisfait de ses résultats et a commencé à étudier l'ostéopathie crânienne au début des années 70.

La première fois que Jacques a rencontré Rollin, c'était en 1975 lors d'une conférence d'ostéopathie aux États-Unis animée par un autre conférencier célèbre. Rollin y participait en tant qu'assistant. Jacques posait au conférencier ses questions et lui faisait part de ses difficultés concernant le mécanisme involontaire. Le conférencier était visiblement incapable d'y répondre et se montrait de plus en plus mal à l'aise. Finalement, Jacques a compris qu'il n'obtiendrait pas les réponses qu'il appelait de ses vœux et a laissé tomber. Puis, au cours d'une session pratique où Jacques se trouvait à la tête de son patient, les yeux fermés, son modèle a commencé à présenter les schémas les plus étranges, qui ont fini par se transformer en d'incontrôlables fluctuations latérales. Jacques a ouvert les yeux, pour voir Rollin qui arborait un large sourire aux pieds de son modèle, alors qu'il induisait ces schémas et ces fluctuations par les gros orteils. Rollin a alors chuchoté à l'oreille de Jacques : "Je vois ce que tu veux dire, Jacques. Tu peux venir me voir quand tu veux et je t'expliquerai." Jacques a passé les cinq étés suivants à étudier avec Rollin, et a continué à le voir et à échanger avec lui jusqu'à sa mort.